La pandémie a ralenti le don d’organes

La chute drastique du nombre de dons d’organes survenue en pleine pandémie, au printemps dernier, pourrait désormais entraîner des délais pour les patients qui attendent une précieuse greffe.

« Les patients pour lesquels c’est le plus urgent vont se faire greffer de toute façon. [Les procédures moins urgentes] vont être retardées un petit peu, mais la liste d’attente n’est pas plus grande aujourd’hui qu’en début d’année », indique le Dr Prosanto Chaudhury, directeur médical chez Transplant Québec.

« Il y avait moins de dons, mais ça a repris. Je ne pense pas qu’on aura un impact sur la mortalité », dit-il, rassurant.

Creux historique

Malgré un « creux historique » en avril, avec seulement deux donneurs répertoriés par Transplant Québec pour tout le mois, la liste d’attente est restée stable.

On compte actuellement 794 Québécois en attente d’une greffe.

« On a déjà une mortalité en liste d’attente de greffe qui avoisine les 50 % et donc ça peut avoir de grosses conséquences », s’inquiète néanmoins la Dre Marie-Josée Raboisson, directrice du programme de greffe cardiaque à l’hôpital Sainte-Justine.

En 2020, une seule petite patiente a été greffée d’un cœur à l’hôpital pour enfants, se désole la cardiologue qui en dénombre habituellement quatre ou cinq par année.

« Plus on en parle et mieux c’est. C’est une discussion qui doit être faite dans les familles, même si pour des parents, c’est difficile d’envisager le don d’organes en pensant au décès de leur enfant », estime la Dre Raboisson.

Briser les tabous

Pour la journée mondiale du don d’organes et de la greffe qui a lieu samedi, la médecin souhaite briser les tabous et sensibiliser les familles, puisque les dons se font rares en pédiatrie cardiaque.

« Souvent, il y a des personnes qui seraient en faveur du don d’organes, mais qui oublient de signer leur carte ou n’en parlent pas à leurs proches, remarque-t-elle. Le don d’organes, ça marche très bien et ça permet aux [receveurs] de retrouver une vie normale. »
Sauver jusqu’à huit vies

À lui seul, un donneur peut sauver jusqu’à huit vies, en plus d’améliorer la qualité de vie d’une vingtaine d’autres par le don de tissus.

« On n’a pas beaucoup d’occasions de sauver la vie d’autres personnes, et souvent, ça aide les proches à cheminer dans leur deuil. De savoir que grâce à eux, ils ont sauvé des vies, qu’ils ont permis à plusieurs familles de vivre normalement, c’est quand même merveilleux », conclut la Dre Raboisson.

Michel Légaré
JQJL
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